Bipolarité : Un lien avec l'intestin et son microbiote

Une communication directe existe entre l’intestin et le cerveau. Et c’est le microbiote et la porosité intestinale qui seraient impliqués dans les troubles bipolaires en entretenant un état d’inflammation chronique à l’origine des troubles cognitifs.

Bipolarité : les symptômes

Selon l’OMS, les troubles bipolaires touchent 2% de la population mondiale et le risque suicidaire est de 15% des patients.

Les symptômes de la bipolarité ou de la psychose maniaco-dépressive se caractérisent par une alternance de phases d’excitation (épisodes maniaques) et de phases de dépression, avec entre les deux, des périodes de stabilité. Pendant la phase maniaque, l’euphorie est importante, la créativité est exacerbée et la personne peut s’emporter facilement, provoquant des situations difficiles à vivre pour l’entourage. A contrario, dans la phase dépressive, la personne présente de l’abattement et de la léthargie.

Lorsque vous êtes diagnostiqué bipolaire ou maniaco-dépressif, vous êtes reconnu inguérissable et malade à vie, soumis à des traitements médicaux et des suivis psychiatriques qui visent à stabiliser l’humeur.

Mais il existe une approche naturelle individualisée et globale permettant de travailler sur le terrain de la personne en complément de ses traitements médicaux.

bipolarité

Une approche complémentaire de la bipolarité

Réparer la dysbiose

Notre intestin abrite 100 000 milliards de bactéries qui constitue un écosystème appelé microbiote. La diversité de celui-ci influence notre humeur, notre stabilité émotionnelle.

Ce microbiote est fragile et se déséquilibre sous l’influence de différents facteurs comme une alimentation et une hygiène de vie inadaptées et délétères, un stress important ou chronique, une intoxication médicamenteuse ou aux métaux lourds, des infections sourdes comme les virus de l’Herpès.

Ce déséquilibre du microbiote, appelé dysbiose, est la l’origine de nombreuses pathologies, dont la bipolarité. Par exemple, l’étude Pretcher longitudinal Study of Bipolar Disorder, montre une représentation faible de Faecalibacterium, (une bactérie de notre microbiote), chez les personnes bipolaires.

De plus, avec 200 millions de neurones, le système nerveux de l’intestin est notre deuxième cerveau, et communique étroitement avec le cerveau central par le biais du nerf vague.

Les nombreux facteurs de déséquilibre du microbiote impactent directement le cerveau par le biais d’informations bioélectriques et biochimiques grâce aux neuromédiateurs.

microbiote
Stress

Rééquilibrer les neuromédiateurs

La synthèse de quatre neuromédiateurs principaux est déficiente dans les troubles bipolaires  : la noradrénaline, la sérotonine, la dopamine et l’acétylcholine.

L’acétylcholine, le neurotransmetteur des mouvements et de la mémoire, est synthétisée par certains neurones à partir de la choline et de la vitamine B5. L’administration d’antibiotiques, en plus de ses effets délétères sur le microbiote intestinal, détruit la vitamine B5. Dans le cas d’une dysbiose, les carences en vitamines B sont fréquentes et l’assimilation des nutriments au niveau intestinal est insuffisante.

La dopamine est synthétisée à partir de la tyrosine, un acide aminé apporté par l’alimentation et qui est aussi le précurseur des hormones thyroïdiennes. Une carence en dopamine est caractérisée par une baisse de la motivation, une dépression. En revanche, une augmentation exacerbe la recherche de plaisir et l’agressivité.

La noradrénaline est synthétisée par certains neurones. Lorsque la synthèse de noradrénaline est déséquilibrée, peuvent apparaître repli sur soi, démotivation, dépression, baisse de la libido, augmentation de l’appétit.

La sérotonine est synthétisée par certains neurones à partir d’un acide aminé, le tryptophane. Elle est utilisée par le cerveau pour fabriquer une hormone, la mélatonine, régulatrice du sommeil. La carence en sérotonine entraîne des comportements impulsifs, voire agressifs, ce qui survient lors d’une dysbiose car elle est produite à 95 % dans l’intestin.

Réparer la porosité intestinale

Avec une hygiène de vie délétère, l’intestin s’acidifie, se charge de toxines de plus en plus difficiles à éliminer, et s’affaiblit, laissant la place aux bactéries pathogènes.

De plus une alimentation riche en gluten et en caséine (protéine du lait) favorise la production de zonuline, une molécule qui favorise la porosité de la barrière intestinale, et c’est la porte ouverte à la pénétration dans le sang de molécules indésirables.

Dysbiose et porosité intestinale ou hyperperméabilité provoquent de l’inflammation chronique, terrain de prédilection de nombreuses maladies.

intestins
joie de vivre

Pour conclure ...

Avec les récentes et nombreuses études sur le microbiote et l’intestin, notre 2ème cerveau, la psychiatrie fait de plus en plus référence à l’idée de psychobiotiques, ces probiotiques qui auraient une action directe sur les humeurs et l’équilibre mental. Ainsi un travail de fond peut être entrepris en naturopathie en complément des traitements médicaux selon les axes suivants:
  • La réduction des toxines issues de l’alimentation, de l’auto-médication, du stress et d’une mauvaise hygiène de vie,
  • Le rééquilibrage du microbiote et des fonctions de l’intestin,
  • Un drainage de l’organisme pour un meilleur fonctionnement de l’immunité.
Jeter un autre regard sur la maladie mentale, c’est une porte qui s’ouvre pour de nombreuses personnes bipolaires

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